10 ans après le tsunami

Une autonomie reconstruite

Il y a dix ans, un violent tsunami dévastait les régions côtières du sud de l’Asie, faisant 260 000 victimes et des millions de sans-abris. Après avoir mis sur pied ce qui demeure aujourd’hui encore la plus vaste opération d’aide d’urgence de son histoire, la CRS s’est attachée à reconstruire écoles, habitations et dispensaires.

«Dès que l’information est tombée, j’ai su que nous avions affaire à une catastrophe sans précédent, qui mobiliserait toutes nos forces pendant de longues années», souligne Martin Fuhrer. Les parties prenantes étant presque trop nombreuses, la logistique de la première phase avait été difficile à mettre en place, se souvient encore celui qui dirigeait à l’époque le département Coopération internationale de la CRS. Toutefois, passé les premiers mois, la plupart des organisations les plus petites allaient se retirer.

Construites pour résister aux tempêtes et aux inondations

Baptisée «Build back better», la stratégie de la Croix-Rouge a consisté à bâtir des habitations résistant aux tempêtes et aux inondations et équipées de latrines. Les communautés villageoises ont été formées aux premiers secours; dans l’éventualité d’une nouvelle catastrophe, des plans d’évacuation ont été établis et des abris de secours construits.

Au Sri Lanka, la CRS a construit plus de 7000 maisons, rénové des cliniques et amélioré le système de santé. En Inde, elle a redonné un toit à 2000 familles de pêcheurs: les maisons ont désormais l’eau courante, sont dotées de latrines et disposent d’un système d’élimination des déchets. Enfin, dans la province indonésienne d’Aceh, elle a construit des écoles pouvant accueillir plus de 1000 élèves et a remis en état, en collaboration avec la Direction du développement et de la coopération, le système d’alimentation en eau potable de la capitale Banda Aceh. Avec le soutien de la Chaîne du Bonheur, la CRS a engagé un total d’environ 100 millions de CHF dans la reconstruction en Inde, en Indonésie et au Sri Lanka.

Aceh: une renaissance

Récemment, Martin Fuhrer est retourné dans la province pour se rendre compte par lui-même de l’évolution de la situation plusieurs années après la fin des travaux. Il n’en revient pas du chemin parcouru: même si le traumatisme est encore dans toutes les têtes, «la vie bat son plein, les gens ont le regard tourné vers l’avenir». Autrefois repliée sur elle-même et déchirée par des conflits, la province s’est ouverte sous l’influence de l’aide internationale et connaît un essor manifeste.

Martin Fuhrer s’est rendu dans une école construite par la CRS. Là, il a rencontré des jeunes avides de savoir et pleins de projets d’avenir. «Aujourd’hui encore, les personnes sont reconnaissantes de l’aide que nous leur avons apportée et qui leur a permis de s’en sortir. Si elles peuvent prendre leur destin en main, c’est aussi grâce à notre aide, et c’est le signe que nous avons rempli notre mission», conclut Martin Fuhrer.