Balkans

Une population reconnaissante

En mai 2014, des pluies diluviennes se sont abattues sur le sud-est de l’Europe, causant des inondations destructrices. Après une phase d’aide d’urgence en Bosnie-Herzégovine et en Serbie, la Croix-Rouge a assisté les sinistrés dans la rénovation de leurs maisons et facilité leur retour à une vie normale.

«Imaginez: c’est toute votre vie qui part à vau-l’eau», raconte Mara Pupčević, une dame de 71 ans en pullover gris. Dans le jardin verdoyant derrière sa maison, les pommiers sont en fleur, les oiseaux chantent, un jeune chat s’étire dans les rayons d’un soleil printanier. On peine à imaginer qu’il y a un an, la ville de Šamac, dans le nord-est de la Bosnie-Herzégovine, était submergée par les flots, et que sa population a dû être évacuée par hélicoptère et par bateau.

Aujourd’hui, seule une ligne noirâtre encore visible sur certaines façades rappelle que l’eau est montée à quelques centimètres des plafonds. «C’était épouvantable: quand l’eau a fini par refluer au bout de dix jours, il ne restait plus que des débris et de la boue.» Une calamité pour Mara Pupčević, dont la petite rente de veuve lui suffit à peine pour joindre les deux bouts.

Reconstruire grâce à une aide financière

«Avant la catastrophe, ces personnes vivaient déjà très modestement, souvent en autosuffisance, grâce à un potager, quelques poules et des cochons. Un habitant sur deux n’a pas de travail, et les rentes de vieillesse ne permettent même pas de survivre, explique Andrea Schmid, coordinatrice du projet de la Croix-Rouge suisse (CRS) sur place. Après la phase d’aide d’urgence, l’objectif a été de soutenir la population afin qu’elle retrouve une vie normale, car beaucoup avaient perdu tout moyen de subsistance.» Sur la base de critères concrets, la CRS a sélectionné en Bosnie et en Serbie près de 3800 ménages sinistrés en détresse: familles nombreuses sans ressources, personnes handicapées, malades ou âgées ne recevant aucune aide, que ce soit de l’Etat ou de proches installés à l’étranger.

Rénover par ses propres moyens

Chaque foyer touché a des besoins différents: pour une famille, ce seront des couches, des aliments pour bébé ou du matériel scolaire, tandis qu’une personne fragile devra faire faire des réparations. Aussi la CRS a-t-elle ouvert un compte au nom de chaque bénéficiaire et effectué périodiquement des versements contrôlés. Echelonnés sur cinq mois, des montants ont ainsi été alloués aux rénovations, à l’équipement et au mobilier, aux provisions alimentaires et au bois, puis, au printemps, aux semis. «Les équipes de projet et les bénévoles de la Croix-Rouge locale ont régulièrement rendu visite aux bénéficiaires pour vérifier que les dépenses étaient conformes à l’usage prévu», précise Andrea Schmid au sujet de cette procédure destinée à éviter les abus.

«J’ai eu la chance de pouvoir effectuer moi-même le gros des travaux de déblaiement et de rénovation», indique Marko Ćošković, paysan à Domaljevac, une force de la nature aux bras vigoureux et au teint hâlé par le travail dans les champs. Dans les inondations, la famille a perdu trois vaches laitières, la serre et toute la récolte. «Nous avons essayé de tirer le meilleur parti de la situation. Grâce au soutien financier de la CRS, j’ai pu reprendre assez vite mon activité.» Et d’ajouter, le sourire aux lèvres: «Bien sûr, c’est ma femme qui a choisi la cuisine.»