Santé communautaire

L’esprit d’Alma-Ata

A l’automne 1978, un jalon était posé dans le domaine de la coopération internationale en matière de santé. L’OMS, réunie en conférence à Alma-Ata (dans l’actuel Kazakhstan), revendiquait en effet pour la première fois le droit à la santé pour tous. Quarante ans plus tard, voici le point de vue de la CRS sur ce sujet.

La coopération en matière de santé est depuis longtemps un thème prioritaire pour la Croix-Rouge suisse (CRS) dans le cadre des activités qu’elle mène à l’étranger. Vreni Wenger, ancienne collaboratrice de la CRS, se souvient que l’organisation a rapidement fait sien le principe de «santé pour tous» arrêté lors de la Conférence d’Alma-Ata, en 1978. Parallèlement aux activités de gestion de catastrophes, des programmes de santé communautaire ont été mis sur pied en Amérique latine et en Asie: «La CRS a joué un rôle pionnier. A l’époque, la santé n’était pas encore considérée comme un domaine clé dans le milieu du développement. Alma-Ata a jeté les bases permettant d’organiser la collaboration en la matière», indique Vreni Wenger, qui a fait ses premiers pas à la CRS dans les années 1970 en tant que responsable de programme, avant de codiriger le département Coopération internationale jusqu’à sa retraite en 2003.

Thomas Gass, chef de l’état-major Stratégies et développement de concepts de la CRS depuis 2014, confirme que les revendications formulées à Alma-Ata sont toujours d’actualité: «Les soins de santé primaires font partie intégrante de l’engagement de la CRS à long terme. L’importance que nous accordons au développement et à la santé nous distingue d’autres Sociétés de la Croix-Rouge.»

Santé pour tous

Thomas Gass et Vreni Wenger en sont convaincus: «Il est plus que jamais nécessaire de s’engager en faveur du droit à la santé, d’autant plus qu’aujourd’hui, 400 millions de personnes n’ont toujours pas accès à la moindre prise en charge médicale. Nous devons exiger le respect de ce droit fondamental.» Cette revendication, qui figure dans les objectifs de développement durable de l’ONU (plus précisément dans le troisième, consacré à la santé et au bien-être), est mise en œuvre de façon prioritaire par la CRS.

Un entretien détaillé entre Vreni Wenger et Thomas Gass au sujet des quarante ans de la déclaration d’Alma-Ata figure dans le Bulletin de Medicus Mundi Suisse, un réseau qui réunit des organisations actives dans la coopération en matière de santé, dont la CRS.