Accès à la santé

Laos: que reste-t-il après le désengagement de la CRS?

La CRS a consacré une étude à la durabilité de ses projets de santé. En voici les principales conclusions concernant le Laos.

Sur mandat du gouvernement laotien, la Croix-Rouge suisse (CRS) a lancé en 2004 les «health equity funds», un système d’assurance destiné aux habitants pauvres de certains districts du pays. Objectif: leur donner accès à une prise en charge médicale jusqu’ici inabordable et éviter ainsi qu’ils ne s’endettent et s’enfoncent un peu plus encore dans la misère. L’assurance couvre aussi bien le coût des traitements et des médicaments que le transport, l’hébergement et les frais éventuels en cas de décès. Dans quelle mesure ce dispositif améliore-t-il durablement l’accès aux soins des plus pauvres et des plus vulnérables?

La prise en charge des frais médicaux a permis de lever l’un des principaux obstacles entravant l’accès des plus pauvres à la santé. Le nombre de patients traités grâce aux «health equity funds» a ainsi triplé en quatre ans. Désormais, les pauvres n’attendent plus et se font examiner avant qu’il ne soit trop tard. Les services ambulanciers des hôpitaux étant confrontés à une demande deux fois plus importante que par le passé, le gouvernement s’est vu contraint de renforcer les effectifs et les infrastructures du système de santé, ce qui a influé positivement sur la qualité des prestations.

L’obstétrique constitue le seul domaine où le système d’assurance mis en place n’a pas eu l’effet escompté. L’effort d’information et de sensibilisation doit être poursuivi afin de réduire le nombre d’accouchements à domicile. Par ailleurs, le coût de la couverture maladie, qui, même s’il s’établit en moyenne à seulement 5 CHF par patient et par an, ne peut être réglé sans subventions étatiques. En dépit des pistes de financement explorées par le gouvernement laotien, il s’agit de trouver des fonds supplémentaires pour accéder aux 70% d’habitants encore non assurés.

De précieux enseignements pour l’avenir

S’appuyant sur les enseignements tirés de la première phase du projet, la CRS teste désormais de nouveaux modes de financement et d’assurance pour le secteur informel. Elle renforce en outre son engagement afin d’améliorer la qualité des prestations du système de santé, notamment dans les régions isolées. Enfin, elle étend ses activités de sensibilisation en zones rurales, pour que les femmes recourent de façon ciblée à des prestations de suivi prénatal et qu’elles bénéficient de l’aide de sages-femmes professionnelles lors de l’accouchement.