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Alliance avec la police

Le groupe Help LORA attend un invité surprise pour un exercice. Mais celui-ci se fait attendre. Les jeunes samaritaines garderont-elles leur calme?

«Pfff, quelle journée», soupire Cédric en enfourchant son vélo. Perdu dans ses pensées, fatigué après de longues heures de travail, il ne se rend pas compte qu’il fait déjà nuit. Et lorsqu’il s’en aperçoit, il est déjà lancé – pas question de s’arrêter pour chercher sa lampe au fond du sac, il est déjà suffisamment en retard. Cédric grelotte. «Si seulement j’avais mis ma grosse veste», a-t-il encore le temps de se dire. L’instant d’après, une voiture le percute. L’impact est violent. Cédric est projeté au sol.

La jeunesse samaritaine à la rescousse

«Les jeunes veulent des exercices ludiques et dynamiques», explique Carmen Se­gessenmann, monitrice Help et présidente de la section de samaritains LORA. «Mais il faut aussi que le défi soit à la hauteur.» Sur ce point, elle ne ménage pas sa peine, comme la suite va le montrer. Bien­tôt, les jeunes samaritaines Arven, Leonie, Vanessa et Selina surgissent du brouillard, telles des super-héroïnes. Ce sont elles qui assureront les premiers secours sur les lieux de l’accident mis en scène. L’aînée, Leonie (12 ans), prend tout de suite les choses en main. «Vanessa et Selina, vous vous occupez de la conductrice, Arven et moi on se charge du cycliste.» Très vite, il s’avère que Cédric n’a que des blessures superficielles et n’a pas besoin d’ambu­lance. «J’appelle le 117», fait Leonie, joi­gnant le geste à la parole. Selina, qui a trouvé la pharmacie de bord, soigne la blessure à la tête de Cédric et l’isole du froid avec une couverture de survie. Le thermomètre a beau indiquer 0°C, la tem­pérature ressentie se situe plutôt autour de -10. Vanessa et Selina tranquillisent la conductrice, très agitée et encore en état de choc.

Mais que fait la police?

Au téléphone, Leonie décrit posément la situation. «Oui, la victime va plutôt bien, elle n’a pas besoin d’ambulance. On est sur place et on essaie de rassurer la conductrice. D’accord, on vous attend.» Les policiers promettent d’arriver le plus vite possible. Les jeunes sauveteuses en­filent des gilets de sécurité, et l’attente commence. Petit à petit, la tension monte. Au bout de cinq minutes, elle fait place à la nervosité. Au bout de dix minutes… un véhicule blanc et orange fait son apparition, des policiers en descendent. «Je leur avais bien spécifié de prendre leur temps. Parce que ce n’est pas facile, dans ce genre de situation, d’arriver à rester calme», explique Carmen, qui a mis sur pied le groupe Help il y a maintenant cinq ans. Immédiatement, les policiers sécurisent les lieux, puis écoutent les explications des sauveteuses. Ils marquent ensuite l’emplacement de l’accident à la craie et interrogent Cédric ainsi que la conductrice. L’exercice touche à son terme: l’heure est venue de débriefer dans la chaleur du local des samaritains.

Un test concluant

«Vous avez fait exactement ce qu’il fallait. Parce que vous avez agi! Il ne faut pas rester passif, souligne l’agent. Et de poursuivre: Vous êtes restées très calmes, très concentrées. Ce n’est pas donné à tout le monde. Bravo!» Les filles n’auraient cependant pas dû déplacer le vélo: les policiers ont besoin d’examiner sa position pour reconstituer le déroulement de l’accident. «Ce n’est pas interdit, mais vous auriez dû faire une photo avant.» L’agent félicite également ses jeunes interlocutrices pour avoir pensé à leur propre sécurité en revêtant des gilets réfléchissants. «Nous travaillons main dans la main. C’est une très bonne chose. Continuez!» Une conclusion encourageante pour les jeunes samaritaines, qui, une fois de plus, auront appris beaucoup de choses – et constaté qu’elles peuvent compter sur la police.