Amérique du Sud

Au royaume de la pomme de terre

C’est en Amérique du Sud que les conquistadors ont découvert la pomme de terre, avant de la disséminer aux quatre coins du monde. En Bolivie, le tubercule se décline en une infinité de variétés. Riche en glucides, il permet d’emmagasiner suffisamment d’énergie pour de longues marches à travers les hauts plateaux.

Recette
Pommes de terre épicées au
maïs

Ingrédients pour 4 personnes

10 pommes de terre moyennes cuites en robe des champs
2 oignons
2 piments
2 cs de beurre ou d’huile
Origan frais
4 épis de maïs cuits ou 1 boîte de grains de maïs

Emincez les oignons et les piments. Dans une grande poêle à frire, faites-les revenir dans du beurre ou de l’huile. Déglacez avec 0,5 dl d’eau et laissez mijoter. Pendant ce temps, pelez les pommes de terre et détaillez-les en fines rondelles. Ajoutez-les dans la poêle avec les feuilles d’origan, remuez soigneusement et réchauffez le tout quelques minutes. Salez à votre convenance. Disposez le contenu de la poêle dans un plat, accompagné des grains de maïs et d’une salade (ou d’une carotte crue).

Originaire d’Amérique du Sud, la pomme de terre constitue l’aliment principal de la population de Poco Poco, région montagneuse isolée où la CRS intervient. Lorsque nous rendons visite à Josefina Serrano (cf. pages 4-7), son mari Santiago nous rapporte du jardin une demi-douzaine de variétés différentes aux formes parfois étonnantes. Du beige pâle au violet, chacune a ses propriétés. Certaines sont indiquées pour la prostate ou les maux d’estomac; d’autres servent à mitonner de délicieux repas.

Pour réaliser ses papas uchus con mote («pommes de terre épicées au maïs»), Josefina cuit des pommes de terre, les détaille en rondelles et les fait revenir avec du piment et des oignons dans une grande poêle sur un fourneau à bois. Elle égrène ensuite un épi de maïs blanc, lui aussi précuit. Les ingrédients se marient en un plat savoureux dont elle nous propose une assiette. Par politesse, mais surtout par appétence pour le parfum exquis qui s’en dégage, nous ne pouvons refuser.

Les enfants dégustent leur portion à l’école durant la pause de midi; les adultes, aux champs. Ainsi revigorés, tous tiennent jusqu’au soir. A la tombée du jour, lorsque la fraîcheur envahit la maison, la cour et les cœurs, Josefina retrouve sa petite cuisine, où elle prépare une épaisse soupe de pomme de terre. De quoi remplir les estomacs avant une nuit de sommeil réparatrice.

La pomme de terre a beau être copieuse, elle ne répond pas à tous les besoins nutritionnels. Josefina le sait bien, elle qui suit régulièrement les cours organisés au village avec l’aide de la CRS. Vitamines et protéines sont indispensables au développement des enfants, d’où l’importance d’agrémenter certains repas d’œuf ou de viande. Depuis peu, Josefina donne à tous les membres de sa famille – enfants comme adultes – une carotte pour le repas de midi. Là encore directement du jardin. L’an prochain, elle compte étoffer son carré de légumes.