Conclusions et recommandations

Conférence nationale sur les requérants d’asile traumatisés

Plus de 180 spécialistes issus des domaines de l’asile, de l’intégration, de la psychiatrie, de la psychothérapie et du travail social ainsi que des services concernés de la Confédération et des cantons ont participé à la Conférence nationale «Requérants d’asile traumatisés: dépistage précoce et offres de soutien» du 11 décembre dernier à Berne.

Selon des études, de 40 à 50% des réfugiés présentent des troubles post-traumatiques. Le dépistage précoce de ces troubles est important. Cependant, l’expérience montre que ceux-ci ne sont souvent identifiés qu’après de nombreuses années; leur prise en charge est alors aussi lourde que coûteuse.

«Il faut mener un travail de sensibilisation: dans les centres pour requérants, auprès des employeurs, au niveau de la procédure d’asile et plus encore auprès du grand public.»

Manuela Ernst, responsable du Service ambulatoire CRS pour victimes de la torture et de la guerre

Huit mesures pour l’amélioration du dépistage précoce et de la prise en charge des réfugiés traumatisés

Le dépistage précoce des troubles post-traumatiques est un enjeu essentiel, tant pour les personnes concernées que pour la société. Il permet, d’une part, de garantir que, si cela semble pertinent, les éventuels traumatismes seront pris en compte dans les décisions relatives aux demandes d’asile et, d’autre part, d’orienter dès que possible les requérants vers des offres de soutien adaptées, contribuant ainsi à prévenir la chronicisation et à limiter les coûts à long terme pour la société.

Les mesures ci-dessous sont susceptibles d’améliorer le dépistage précoce et la prise en charge: 

  • introduction de mécanismes adaptés de dépistage précoce des troubles post-traumatiques dans les structures d’hébergement
  • processus d’orientation clairs pour les cas où un traumatisme a été identifié
  • sensibilisation du personnel des structures d’hébergement et du domaine de l’asile à la question du traumatisme
  • psychoéducation pour les requérants dans les structures d’hébergement
  • inclusion du thème du traumatisme dans la mise en œuvre de l’Agenda Intégration Suisse
  • développement des offres thérapeutiques spécialisées à l’intention des réfugiés traumatisés
  • développement des offres psychosociales à bas seuil
  • financement d’interprètes communautaires

«Le dépistage précoce et le soutien aux réfugiés traumatisés nous permettent non seulement d’éviter des souffrances majeures aux personnes concernées, mais aussi d’économiser à la société des coûts importants.»

Manuela Ernst, responsable du Service ambulatoire CRS pour victimes de la torture et de la guerre

Offres de soutien à destination des requérants d’asile traumatisés

L’après-midi de la conférence, les participants ont eu la possibilité de s’informer sur des projets déjà en phase de planification ou de mise en œuvre. Huit stands avaient été mis en place pour leur présenter les exemples suivants, issus de la pratique:

La sensibilisation est la clé

Qu’est-ce qu’un traumatisme? Comment reconnaître un trouble post-traumatique? «Il faut mener un travail de sensibilisation: dans les centres pour requérants, auprès des employeurs, au niveau de la procédure d’asile et plus encore auprès du grand public. Nous sommes sur la bonne voie. Les réfugiés traumatisés rencontrent chaque jour plus de compréhension. Mais il reste encore beaucoup à faire», souligne Manuela Ernst, responsable du Service ambulatoire CRS pour victimes de la torture et de la guerre.