Viens chez moi

Le bénévolat, un engagement gagnant-gagnant

Programme d’intégration de la CRS, Viens chez moi propose des rencontres linguistiques destinées aux jeunes. Objectifs: combattre les préjugés, promouvoir l’empathie et valoriser les apports de chacun. Pour les adolescents zurichois de langue étrangère, ces rendez-vous avec des bénévoles de la CRS et du Credit Suisse s’apparentent à de véritables soirées entre amis.

Viens chez moi est une offre d’intégration proposée par la CRS dans certains cantons.
Deux à trois heures par semaine, des enfants et adolescents allophones rencontrent des familles d’accueil ou des particuliers germanophones.
L’occasion idéale pour eux d’améliorer leurs compétences linguistiques, tout en se familiarisant avec le mode de vie des Suisses.
Lancé dans le canton de Zurich en 1993, le programme Viens chez moi est également offert par les associations cantonales de Bâle-Campagne et Schaffhouse.
Le partenariat entre la CRS et le Credit Suisse dans le domaine du volontariat d’entreprise remonte à 2007.

Suzi Tesfit ouvre son cahier. «Tu es bonne en maths?», lui demande Heiner Brändli. Tous les mardis soirs, cet ingénieur au regard franc intervient bénévolement dans le cadre des rencontres linguistiques organisées par la Croix-Rouge suisse (CRS). «Plus ou moins…», sourit l’Erythréenne de 17 ans. «Alors faisons en sorte que ce soit plutôt plus que moins!», lui répond-il avec bienveillance. Avide de savoir, la jeune fille se met aussitôt au travail.

Potasser, échanger et cuisiner

Aide aux devoirs, discussions, cuisine et repas en commun: tel est le menu des soirées hebdomadaires Viens chez moi animées par des bénévoles de la Croix-Rouge zurichoise et du Credit Suisse. Récemment arrivés en Suisse, les dix participants de ce programme d’intégration de la CRS destiné aux enfants et adolescents allophones fréquentent la classe d’intégration de l’école Viventa, un établissement spécialisé géré par la Ville de Zurich.

Les rencontres linguistiques bénéficient notamment d’une collaboration avec le Credit Suisse. A travers son programme de volontariat d’entreprise, la banque encourage en effet ses collaborateurs à s’engager activement pour le bien de la communauté. Un jour par an au moins, elle leur donne l’occasion de participer à des projets d’utilité publique tout en continuant à percevoir leur salaire.

La confiance que ces jeunes nous témoignent est la plus belle des récompenses. 

Zahra Darvishi, responsable Corporate Citizenship Suisse au Credit Suisse

Pour Zahra Darvishi, le concept de Viens chez moi est tout à fait pertinent: «Ce programme de rencontres linguistiques est unique en ce qu’il allie intégration sociale et formation.» Hubert Kausch, chargé du bénévolat à la Croix-Rouge zurichoise, salue le partenariat engagé: «Nous souhaitions établir une collaboration à long terme avec les bénévoles du Credit Suisse. Grâce à la popularité de Viens chez moi auprès des animateurs, nous avons pu accroître sensiblement le nombre de places disponibles.»

Interventions après le travail

Les bénévoles qui animent les rencontres linguistiques sont tenus de s’investir pour un semestre au minimum. Le mardi soir, ils ne rentrent pas directement chez eux après leur journée de travail, mais retrouvent dix jeunes qui, dans une atmosphère bon enfant, les attendent avec leurs devoirs, leur appétit vorace et, parfois, leurs tracas. Les animateurs retirent eux-mêmes énormément de leur engagement. A l’instar de Katrin Landolt, 34 ans, collaboratrice au Credit Suisse: «Ce qui est sympa dans le projet Viens chez moi, c’est qu’on peut observer les progrès des participants au fil du temps.» La soif d’apprendre, la vitalité et la volonté manifestées par les adolescents figurent parmi les facteurs de motivation relevés par l’ensemble des bénévoles. Souvent issus eux-mêmes de la migration, ils sont sensibles aux difficultés rencontrées par les participants et peuvent sans peine se mettre à leur place. «Mais dans les premiers temps, c’est souvent loin d’être facile», tempère Zahra Darvishi.

«Les efforts à consentir sont importants», confirme Brenda Brändli, une dentiste de 33 ans ayant par sa mère des racines philippines. Souhaitant s’engager dans le domaine de l’intégration, elle et son mari Heiner sont devenus bénévoles de la Croix-Rouge zurichoise il y a une année. «Il faut beaucoup de patience, rien que pour surmonter la barrière de la langue», explique-t-elle. Mais quoi de plus gratifiant que la chaleur et la reconnaissance témoignées par ces adolescents? Leur prof nous a confié que nous sommes comme une deuxième famille pour eux!»

Perspectives d’avenir

Suzi Tesfit apprécie les rencontres linguistiques: «Ici, je reçois une aide précieuse lorsque je ne comprends pas un devoir. C’est génial!» Au programme du jour: cours de prononciation avec Funda Güler, collaboratrice du Credit suisse. A la lecture d’un poème, l’un des élèves bute sur le mot «rouge». Ça tombe bien, c’est justement la couleur de la casquette d’Attaollah Rezali, sa véritable marque de fabrique, ce qui facilite les explications. Calme et attentionné, ce jeune Afghan de 21 ans sait garder les pieds sur terre: «Viens chez moi me permet de nouer des liens.» 

Après l’école, je me verrais bien travailler sur un chantier.» 

Attaollah Rezali

Zahra Darvishi souligne également les retours positifs recueillis auprès des bénévoles: «Les progrès linguistiques et sociaux accomplis par leurs protégés tout au long de leur engagement sont une immense source de satisfaction.» Miriam Obrist, une collaboratrice du Credit Suisse qui entame déjà son troisième semestre de Viens chez moi, ne dira pas le contraire: «Ce soir, je rentrerai à la maison le sourire aux lèvres.»