Ateliers chili de gestion des conflits

Gagner, oui, mais sans violence

Cet été, la CRS a organisé le premier atelier de gestion des conflits chili pour les plus jeunes joueurs des Young Boys âgés de 12 ans. Une expérience intense qui a permis à ces sportifs d’affirmer leur personnalité, tout en respectant leurs partenaires de jeu. Car la victoire se remporte aussi grâce à un fort esprit d’équipe et une gestion saine des conflits.

Gestion de conflits pour tous
Grâce aux ateliers chili de la CRS, petits et grands apprennent à gérer les conflits de manière constructive. L’offre s’adresse en particulier aux écoles et peut être réservée sur demande. Plus d’infos sur www.chili-srk.ch
 

Dans les couloirs du centre sportif de Sumiswald, au cœur de l’Emmental, des cris et des rires d’enfants résonnent. Au pas de course, des figurines noires dévalent les escaliers. Débordants d’énergie en pleine canicule, ces sportifs n’auront vraisemblablement aucun mal plus tard à courir 90 minutes sur un terrain de football. Nous sommes en août, juste avant la rentrée scolaire, et les Young Boys organisent leur traditionnel camp pour la relève. Chaque été, des jeunes âgés de 12 à 15 ans triés sur le volet suivent une semaine de travail intensif.

«Les joueurs veulent toujours être les meilleurs, il y a beaucoup de concurrence entre eux.»

Talentueux, fiers, ambitieux, ils espèrent rejoindre un jour les rangs de leur équipe favorite et revêtir le fameux maillot jaune et noir. Mais ce concentré d’énergie n’est-il pas explosif? 

Concurrence sans violence

«Les joueurs veulent toujours être les meilleurs, il y a beaucoup de concurrence entre eux. Avec les entraînements et les camps, ils passent beaucoup de temps ensemble. Cela peut mener à des conflits qu’il vaut la peine de résoudre», reconnaît Christian Franke, responsable préformation des jeunes de 12 à 15 ans. Raison pour laquelle la Croix-Rouge suisse (CRS) et les Young Boys ont décidé de collaborer sur les questions de violence. Grâce aux ateliers chili qu’elle mène depuis 1999, la CRS est une référence en matière de gestion des conflits auprès des petits et des grands. Pour cette première collaboration, un atelier a été mis sur pied spécialement pour le groupe FE12, soit les plus jeunes de la relève âgés de 12 ans seulement. Seize footballeurs en herbe, dont une fille, originaires de la ville de Berne et dont les responsables des Young Boys considèrent qu’ils ont le plus grand potentiel. L’atelier, s’étalant sur deux après-midis de quatre heures, joue la carte de la prévention des conflits et de la violence de façon ludique.

Alex Michel, animateur chili, privilégie les jeux pour développer les compétences sociales telles que l’assurance, la responsabilité individuelle, la concentration, la gestion des risques, le fair-play ou encore la sincérité. Après chaque partie, il réunit les enfants et fait un débriefing. «Que s’est-il passé? Pourquoi me suis-je énervé? Les enfants développent une meilleure conscience de soi et des égards pour les autres», explique-t-il.

Les enfants développent des compétences sociales, dont l’assurance, la responsabilité individuelle, la concentration, le fair-play ou encore la sincérité.

Une école de la vie

Au début de l’atelier, les jeunes doivent crier leur nom à plusieurs reprises en s’avançant dans le cercle formé par l’équipe. «Nous voulons aussi aider chaque joueur à affirmer sa personnalité, un critère important pour un professionnel et au quotidien», raconte Christian Franke. Puis, les jeunes jouent au loup et se font des passes afin de renforcer leur sens de la coopération et de l’amitié. Pendant quatre heures, ils restent totalement concentrés et disciplinés. Mais comment est-ce possible? «Lorsque je réunis les enfants en cercle et que je les fais taper sur le sol, je capte l’attention du groupe en quelques minutes», dévoile Alex Michel. Le «rituel», où deux enfants tapent dans les mains face à face, permet aussi à l’animateur de canaliser l’énergie les enfants. L’alternance de jeux et de moments de discussion est un bon moyen de tenir l’équipe. «Les enfants réalisent qu’une dispute n’est pas seulement synonyme d’ennui ou de gravité. Cela peut aussi être amusant de résoudre un conflit», rajoute-t-il.

A l’heure de l’interview, les enfants sont unanimes: «On s’est bien amusés.» Et s’ils sont encore un peu jeunes pour faire une analyse détaillée des compétences acquises, ils ont retenu au moins une valeur importante: «L’amitié!» Christian Franke confirme: «Je suis très content, car je constate qu’ils apprennent à mieux se connaître et qu’ils prennent conscience d’aspects importants comme le contact humain, les règles et le respect d’autrui. Et cela, avec le sourire.» Si le partenariat se concrétise, ce sont à terme tous les joueurs des Young Boys de 12 à 15 ans qui devraient suivre chaque été un atelier chili.