Aide individuelle CRS

Eviter l’endettement

La CRS aide aussi les démunis en Suisse. Les personnes qui ne disposent que d’un revenu modeste ne leur permettant pas de s’acquitter d’une facture imprévue peuvent s’adresser aux services sociaux, qui transmettront leur dossier au service Aide individuelle de la CRS. Samira Katulu et la famille Gilgen ont vu leur demande approuvée.

Silvia* et Martin Gilgen* tiennent à leur autonomie et à leur indépendance. Jour après jour, ils sont la preuve qu’avec un peu de créativité et de flexibilité, bien des choses deviennent possibles. Les Gilgen vivent à Neuchâtel dans des conditions modestes. Silvia Gilgen travaille comme assistante dans un cabinet médical, où elle a récemment relevé son taux d’occupation à 80% pour compenser le fait que son mari est actuellement sans emploi. Martin Gilgen s’occupe de leurs deux enfants, Chayenne*, 8 ans, et Sean*, 7 ans.

«Je vérifie pour chacune de nos dépenses si elle est vraiment nécessaire ou s’il est possible d’y renoncer.»

La petite famille ne reçoit aucun soutien financier, qu’il s’agisse d’indemnités journalières de chômage ou d’aide sociale. «Je calcule tout. Je vérifie pour chacune de nos dépenses si elle est vraiment nécessaire ou s’il est possible d’y renoncer», raconte Silvia Gilgen. Elle a ainsi fait passer la franchise de l’assurance-maladie à 1000 CHF pour réduire les primes mensuelles. Mais au printemps, elle a dû subir un contrôle médical imprévu, avec des analyses effectuées en laboratoire. Les trois factures qui en ont découlé, d’un total de 518 CHF, ont mis à mal les finances du ménage. Silvia Gilgen s’est alors adressée aux services sociaux de sa commune, qui ont déposé une demande auprès de l’aide individuelle de la CRS pour que les Gilgen puissent bénéficier d’une aide ponctuelle.

Pas seulement des familles

Ce sont également des frais de santé imprévus et indépendants de sa volonté qui ont valu à *Samira Katulu des difficultés financières. Il y a six ans, la guerre civile a contraint la jeune femme à quitter l’Afrique de l’Ouest. Alors âgée de 19 ans, elle est venue en Suisse, où on lui a accordé le statut de réfugiée. Sa mère et sa sœur cadette ont pu la rejoindre peu de temps après. La guerre et la fuite ont néanmoins marqué la famille. L’une des sœurs de Samira Katulu a perdu la vie, et sa mère est désormais très affaiblie: elle a perdu un œil, et on lui a diagnostiqué du diabète, de l’hypertension et un cancer.

Peu après avoir reçu son autorisation de séjour, Samira Katulu a trouvé une place de stage non rémunéré en tant que soignante. Soutenue par l’aide sociale, elle a rapidement appris l’allemand et beaucoup travaillé. Au bout d’un an, son employeur, très satisfait de son travail, lui a proposé un poste fixe, de sorte qu’elle a pu renoncer à l’aide sociale. Depuis plus de trois ans, Samira Katulu travaille à 70% comme soignante, pour un salaire mensuel de 2680 CHF. Et il y a un an et demi, elle a commencé une formation en cours d’emploi d’assistante en soins et santé communautaire. Son employeur participe à hauteur de 1000 CHF aux frais de formation, et la jeune femme paie elle-même les 1400 CHF restants. Tout cela ne lui laisse pas beaucoup de temps pour elle, d’autant plus qu’elle soutient sa mère. Mais il y a une année, de brusques douleurs l’ont obligée à consulter un dentiste. Il a alors fallu lui arracher sans tarder une dent de sagesse, ce qui a coûté 1277 CHF.

«J’ai utilisé toutes mes économies pour payer la quote-part.»

Quelques semaines plus tard, elle subissait un grave choc anaphylactique, une réaction violente du système immunitaire à une substance, par exemple à un médicament. Après avoir perdu connaissance dans un magasin, elle a dû être emmenée en ambulance à l’hôpital, un transport pour lequel la quote-part est d’environ 400 CHF. «L’accident et ces frais de santé imprévus ont épuisé mes économies», explique la jeune femme. Elle s’est donc tournée vers les services sociaux, qui l’aident encore pour certaines questions administratives et l’ont alors redirigée vers la CRS.

Echapper à l’endettement

Quelques jours après le dépôt de sa demande, Samira Katulu a reçu un appel d’une assistante sociale. «J’étais on ne peut plus heureuse quand on m’a dit que ma demande avait été approuvée», sourit la jeune femme. Peu après, les services sociaux recevaient un virement de 400 CHF pour payer la facture encore en souffrance. Samira Katulu a adressé une jolie carte colorée à la CRS: «Merci du fond du cœur à la CRS pour son aide!»

La lettre que la CRS a envoyée à Silvia Gilgen était tout aussi réjouissante: «Nous avons le plaisir de vous informer que la CRS accède à votre demande. Le montant de 518 CHF vous sera versé dans les prochains jours. Nous vous recommandons en outre d’abaisser sans tarder votre franchise au niveau le plus bas.» Quant à Martin Gilgen, il a repris courage. Même s’il apprécie de pouvoir passer du temps avec ses enfants, il s’est renseigné sur les possibilités de reconversion. Motivée, la petite famille veut continuer à améliorer sa situation financière, en toute autonomie.

* Par mesure de protection des données, tous les noms ont été changés. Il n’y a aucun lien entre les personnes figurant sur les photos et celles évoquées dans le récit.