tiré de ready for red cross

Mujinga Kambundji: Un objectif, une priorité

Naturelle et sympathique, la sprinteuse bernoise et ambassadrice de la CRS Mujinga Kambundji émerveille les Suisses depuis des années. Dans un entretien avec «Ready», elle se livre sur ses objectifs, ses mauvaises habitudes et son quotidien de sportive d’élite.

de Miriam Häfliger, Croix-Rouge jeunesse lucernoise

2019 a été une année très spéciale pour Mujinga Kambundji: entre octobre et décembre, la sprinteuse remporte le bronze aux Championnats du monde d’athlétisme à Doha et reçoit la distinction de sportive suisse de l’année. De nombreux autres moments plus amers précèdent cependant ces deux instants de gloire, tels que celui où elle manque, pour 5 millièmes, la qualification au temps pour la finale du 100 m de ces mêmes championnats, sous les yeux d’un public suisse aussi attristé qu’elle. La déception est un sentiment tout à fait normal dans ces circonstances. Le tout est de réussir à tourner la page rapidement pour se concentrer sur ses prochains objectifs, chose que Mujinga Kambundji sait faire avec professionnalisme et brio. Cela lui a permis, quelques jours seulement après cette défaite douloureuse, d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’athlétisme suisse en remportant de manière sensationnelle la médaille de bronze sur 200 m. La saison d’été et les compétitions qui approchent sont pour elle une source de motivation; les entraînements à l’extérieur en plein hiver ne lui font pas peur. Mujinga Kambundji n’a que son prochain objectif en tête: les JO de Tokyo 2020.

Une vie de sportive d’Elite

«Si tout devait s’arrêter demain et si je devais me consacrer à autre chose, je ne sais pas ce que je ferais.»

Beaucoup ignorent ce à quoi ressemble réellement la vie d’une athlète de haut niveau. Mujinga Kambundji, par exemple, s’entraîne cinq à six jours sur sept et commence ses journées avec un entraînement d’environ trois heures. Mais le quotidien d’une sportive d’élite ne se résume pas seulement à ces quelques heures d’activités physiques. Physiothérapie, massages, rendez-vous avec des sponsors et des partenaires ainsi que repos sont également au programme – des aspects essentiels que les gens ont souvent tendance à oublier. Les semaines sont plus ou moins intenses; elles dépendent beaucoup des obligations non professionnelles des athlètes. Mujinga Kambundji, en ce qui la concerne, jongle entre ses études en économie d’entreprise et l’athlétisme. Elle souligne l’importance du temps de récupération pour les prouesses sportives, raison pour laquelle elle aime se détendre en dehors des entraînements, prend l’ascenseur et évite les déplacements inutiles.

Dix ans après son titre de championne suisse, Mujinga Kambundji est tout autant passionnée par son sport qu’au début de sa carrière. Pour le moment elle ne peut s’imaginer exercer une autre profession, mais si elle devait choisir, elle opterait pour un métier qui lui permettrait de voyager, elle qui rêve de se rendre dans le pays d’origine de son père, le Congo, avec toute sa famille. Organiser un tel périple avec six personnes qui travaillent et font du sport est un véritable défi, révèle-t-elle en riant, avant de nous confier un autre petit secret: dans sa vie privée, elle peine à gérer son temps et elle est souvent en retard, une mauvaise habitude dont elle aimerait se défaire.

Une vraie Bernoise

Mujinga Kambundji a ses racines à Berne; c’est là qu’elle a grandi. Aujourd’hui, elle vit toujours dans la capitale et s’y entraîne. Les gens la reconnaissent et l’abordent dans la rue au quotidien. Ces rencontres sont cependant très agréables, souligne la Bernoise: il n’y a pas mieux que la Suisse pour les personnes célèbres, car les gens sont discrets et respectueux. Dans le quartier, tout le monde se connaît et se salue. A la question de savoir à quoi ressemblerait le pays idéal selon elle, elle répond sans grande surprise: «A la Suisse avec toutes ses qualités, des montagnes enneigées et des villes aussi charmantes que Berne.» Un accès direct à la mer et une mégapole comme New York sont les seules choses qui manquent a la Suisse, ajoute-t-elle.

Engagement bénévole

«Sans l’aide des bénévoles, jene serais pas là où je suis.»

Mujinga Kambundji sait d’expérience à quel point le bénévolat est important. Dans le domaine du sport populaire, une grande partie du travail est effectuée sur une base volontaire. Mujinga Kambundji a pu bénéficier de ce soutien toute jeune et a été encouragée à poursuivre son rêve d’athlète. Aujourd’hui, elle souhaite faire un geste à son tour en s’engageant en tant qu’ambassadrice de la CRS a titre honorifique. Le bénévolat et l’entraide mutuelle, en Suisse ou à l’étranger, lui tiennent particulièrement a cœur. A la question de savoir s’il existe quelque chose qu’elle aurait aimé faire depuis longtemps, mais qu’elle n’a jamais osé entreprendre, elle réfléchit longuement, en vain. Rien d’étonnant pour une femme qui se bat corps et âme pour réaliser ses objectifs.