Soudan du Sud

La crise humanitaire s'aggrave

Après plus de trois ans de guerre civile, la situation humanitaire au Soudan du Sud est catastrophique. L’ONU a lancé un cri d’alarme sur le risque de famine qui menace le pays. De son côté, la CRS assure une aide d’urgence et contribue à renforcer l’accès aux soins dans deux régions.

Si ce drame a pour premiers responsables des hommes, les victimes, elles, ne sont absolument pour rien dans ce qu’elles sont en train de subir. Depuis le début de la guerre civile en 2013, plus de trois millions de personnes ont déjà dû abandonner leurs villages. Près du tiers ont trouvé refuge dans les pays voisins. Les autres sont désormais des déplacés internes, en fuite dans leur propre pays.

Des champs à l’abandon, des prix à la hausse

Conséquence de cet exode, plus personne ou presque n’est là pour s’occuper des champs, de sorte que la production agricole s’est effondrée – une situation encore aggravée par un épisode de sécheresse. Sous l’effet conjugué de la faiblesse de l’offre et de la dévaluation de la monnaie, les prix des produits alimentaires sont montés en flèche sur les marchés locaux. Rares sont ceux qui peuvent encore s’acheter de quoi manger; une crise alimentaire aiguë est en train de se dessiner, au point que près de 100 000 personnes, essentiellement des enfants, sont aujourd’hui en situation de famine. Et cette évolution est d’autant plus dangereuse qu’elle touche une population déjà affaiblie par des années de privations.

Une aide globale

Avant même la naissance du Soudan du Sud en 2011, la Croix-Rouge suisse (CRS) œuvrait dans la région dans le domaine de la santé. Les combats qui ont éclaté fin 2013 l’ont amenée à déployer des activités d’aide d’urgence et à ajuster son engagement de long terme. Son soutien aux vastes opérations d’aide de la Croix-Rouge sud-soudanaise et du CICR prend des formes diverses: projets de santé, aide alimentaire en faveur des enfants, distribution de biens de premiers secours, organisation de campagnes de prévention et d’actions de collecte de sang, soutien psychosocial aux déplacés. Géographiquement, la CRS couvre ainsi l’Etat d’Imatong (ancien Equatoria oriental) et celui de Latjoor (ancien Nil supérieur). Mais son travail s’étend également à l’Ouganda et à l’Ethiopie, où elle s’engage aux côtés de ses Sociétés sœurs locales pour améliorer le quotidien des réfugiés sud-soudanais.