Migrants forcés

Aide aux déplacés internes syriens

Sur le territoire syrien, on recense pas moins de six millions de déplacés internes, chassés de leurs villes et villages par les combats incessants. La CRS leur vient en aide à travers des projets dans le domaine de la santé et s’apprête à ouvrir dans les semaines qui viennent sa propre représentation locale.

L’interminable conflit syrien a déclenché l’une des plus graves crises de réfugiés de l’histoire. Au total, ce sont plus de 11 millions de Syriens qui n’ont eu d’autre choix que de fuir leur foyer. Parmi eux, 6,2 millions de déplacés internes. Ces derniers, réfugiés dans leur propre pays, sont souvent oubliés. Sept ans après le début des hostilités, la détresse continue pourtant d’être le lot quotidien de ces hommes, femmes et enfants. Dans de vastes zones du pays, l’aide humanitaire dont la population a urgemment besoin ne peut être acheminée qu’à grand risque. Malgré ce contexte, le Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS) lutte sans relâche. De retour récemment d’une mission sur place, Laurence Perroud, responsable de programme de la Croix-Rouge suisse (CRS) pour la Syrie, s’est d’ailleurs dite impressionnée par le travail accompli par les bénévoles:

«On voit de nombreux jeunes travailler jour et nuit. Ils prennent leurs responsabilités et font preuve d’un engagement incroyable pour soulager la détresse de leur prochain.»

Le conflit qui fait rage depuis tant d’années a conduit un système de santé autrefois performant au bord de l’effondrement. Nombre de médecins, infirmiers et soignants ont péri, ont été déplacés ou ont fui à l’étranger. Environ 60% des hôpitaux et des dispensaires ont été détruits. Conjointement avec la Croix-Rouge danoise, la CRS appuie l’activité des services de santé du CRAS, soutien qui s’est notamment concrétisé par l’ouverture du dispensaire de Soueïda, dans le sud-ouest du pays. On estime en effet à plus de 100 000 le nombre de personnes ayant cherché refuge ici ces dernières années. Bien que la région ait globalement été épargnée par les combats, les capacités des infrastructures publiques ont vite atteint leurs limites, en particulier dans le domaine de la santé. La structure médicale soutenue par la CRS offre à quelque 20 000 déplacés internes un accès gratuit à des soins médicaux de base ainsi qu’à une prise en charge gynécologique et pédiatrique. Elle assure également une assistance psychosociale indispensable. La CRS appuie également les activités du CRAS dans la région d’Alep, où une clinique mobile assure la prise en charge ophtalmologique de la population jusque dans les villages les plus reculés.                                                                                                                    

L’intervention de la CRS en Syrie s’inscrit dans une optique de long terme. L’organisation entend continuer de développer ses projets, comme le confirme Laurence Perroud: «Nous allons bientôt disposer de notre propre représentation dans le pays. A partir du mois de juillet, notre déléguée sera sur place à Damas pour coordonner les programmes et la collaboration avec nos partenaires.» Enfin, la CRS maintiendra son aide aux familles syriennes réfugiées au Liban et en Egypte.