Aide humanitaire : une éthique à redéfinir

Lors d’un séminaire organisé le 16 mars 04 par la CRS à Berne, des spécialistes ont porté un regard critique sur les aspects éthiques de l’aide humanitaire.

Les graves conséquences des catastrophes naturelles ou écologiques, tout comme les nouvelles formes de conflit auxquelles nous assistons – attentats terroristes notamment – placent les organisations d’entraide face à de nouveaux défis.

Si l’aide humanitaire apportée après des guerres ou des catastrophes est nécessaire, elle n’est de loin pas suffisante. Bien trop souvent, l’envoi de secours remplace la mise sur pied de solutions durables, que la politique n’est pas en mesure d’assurer. Pour le Professeur Pierre de Senarclens, vice-président de la CRS, les tragédies humaines sont dans de nombreux cas l’expression du fossé Nord-Sud, celle d’une politique erronée et d’un désintérêt marqué pour le développement social.

Quant aux catastrophes « oubliées » par les médias – pensons à la pandémie du sida en Afrique – l’aide humanitaire ne doit pas à son tour les négliger. Elle doit au contraire œuvrer à contresens des courants médiatiques et politiques s’il le faut. Mais les moyens manquent pour combattre la misère endémique des pays africains. Eva von Oelreich, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a rappelé qu’en République démocratique du Congo, ancien Zaïre, 3,3 millions de personnes ont perdu la vie au cours des six dernières années des suites directes ou indirectes de la guerre civile.

Marco Ferrari, de l’Aide humanitaire de la Confédération, a souligné quant à lui la nécessité de prévenir les catastrophes et de renforcer, sur le plan politique, la solidarité internationale.