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Ethiopie: deux ans sans pluie

Reportage

Des millions d’animaux morts, des sols arides, des rivières asséchées: dans le sud de l’Ethiopie, il n’a pas plu depuis 2020. La crise alimentaire contraint toujours plus de personnes à la fuite. Allocations en espèces, eau et hygiène: la Croix-Rouge tend la main aux plus vulnérables.

Texte: Katharina Schindler | Photos: Amélie Courcaud

Habdia Henta est assise devant sa modeste habitation, dans le petit village d’Hulele situé dans la région de Moyale, dans le sud de l’Ethiopie. La jeune mère de 32 ans secoue la tête, fatiguée: «Qu’adviendra-t-il de nous?» En quête de travail, son mari et ses deux fils aînés sont partis il y a plusieurs mois et n’ont donné aucune nouvelle depuis.

Une petite rivière traverse une région aride. Des vaches amaigries s'y abreuvent. Il y a aussi des gens près de la rivière.
Le lit d’une rivière asséchée à Moyale
Une femme est assise devant une hutte. Elle tient sur ses genoux un enfant au regard apathique.
Habdia Henta, 32 ans, et son plus jeune enfant, qui souffre de sous-alimentation.

Elle élève désormais seule ses trois cadets.

La plus jeune est couchée sur ses genoux, apathique. Comme de nombreux enfants dans le village, elle souffre de malnutrition aiguë et a besoin d’une aide médicale urgente. «Heureusement, le soutien de la Croix-Rouge me permet de payer le transport jusqu’au centre de santé», souffle Habdia Henta.

La crise alimentaire la plus grave de ces dernières décennies

La sécheresse persistante a plongé de vastes régions d’Afrique dans l’une des crises alimentaires les plus graves de ces dernières décennies. Le sud de l’Ethiopie est très durement touché. Le pays compte à lui seul plus de sept millions de personnes tributaires d’une aide alimentaire.

L’ampleur des phénomènes naturels n’a fait que croître au cours des dernières années: ici, le changement climatique est une réalité amère. Une crise encore aggravée par l’instabilité politique, les conflits et déplacements internes ainsi que la flambée des prix des denrées alimentaires.

Le lit d’une rivière asséchée traverse un paysage parsemé d’arbres
Le lit d’une rivière asséchée à Moyale, où il n’a pas plu depuis plus de deux ans.
Plan rapproché d’un sol rocailleux et desséché
A Borena, dans le sud de l’Ethiopie, il n’a pas plu depuis deux ans. Le sol est complètement desséché.

115 francs tous les trois mois

Habdia Henta et ses enfants font partie des quelque 30 000 bénéficiaires des projets soutenus par la Croix-Rouge suisse (CRS) et la Croix-Rouge éthiopienne dans deux régions du sud du pays. Tous les trois mois, les familles reçoivent l’équivalent de 115 francs. Amélie Courcaud, déléguée de la CRS pour l’Ethiopie, explique que cette somme couvre l’essentiel: denrées alimentaires, articles d’hygiène ou transport vers le centre de santé le plus proche.

Amélie Courcaud, déléguée de la CRS en Éthiopie
Cet argent permet d’acheter l’essentiel.

Amélie Courcaud, déléguée de la CRS en Ethiopie

Cette aide d’urgence est octroyée aux plus vulnérables: familles très pauvres, mères seules ayant plusieurs enfants à charge ou familles dont certains membres sont tributaires de soins.

Accès à l’eau potable

L’insécurité alimentaire met en péril la santé d’habitants toujours plus nombreux. La malnutrition aiguë représente une menace majeure, notamment pour les femmes enceintes, les enfants en bas âge et les aînés.

L’accès à l’eau potable étant plus difficile que jamais, la Croix-Rouge distribue des kits de purification de l’eau et mène des campagnes de sensibilisation à l’hygiène

L’exil comme dernier recours

Le départ des hommes et de familles entières constitue une charge supplémentaire. La pénurie de ressources ne cesse de s’aggraver dans d’autres régions sous l’effet de la migration interne, avec pour conséquences une succession de conflits violents et de nouvelles situations de détresse. Beaucoup n’envisagent la fuite qu’en dernier recours. C’est le cas d’Habdia Henta, mère de cinq enfants. «Grâce à la Croix-Rouge, je peux rester ici en espérant le retour de la pluie», dit-t-elle.

Le mari et le beau-fils d’Aisha Adugna, 60 ans, sont partis. Elle, sa fille et ses trois petits-enfants n’ont pas quitté le village. La mère de famille a fait part de son immense gratitude à Amélie Courcaud lors de leur rencontre à Moyale: «Je peine à réaliser tout ce que la Croix-Rouge fait pour moi. Jamais encore je n’avais reçu un tel soutien. J’ai retrouvé espoir!»

Une femme âgée et voilée est assise sur le sol. Elle tient un bidon dans sa main droite et une feuille de papier dans sa main gauche. Elle est devant un mur de torchis.
Je suis infiniment reconnaissante du soutien que m’apporte la CRS. C’est la première fois de ma vie que l’on m’offre quelque chose. Cela me redonne espoir

Aisha Adugna, 60 ans, habitante de Gulele

Profondément émue par cette rencontre, la déléguée de la CRS est plus convaincue que jamais: «Il est important que la CRS intervienne dans ces régions reculées et oubliées où aucune autre organisation n’est présente. Son aide d’urgence est essentielle pour ces populations en proie à une détresse extrême.» La CRS poursuivra son engagement – avec votre aide.

BON À SAVOIR

La CRS agit dans quatre pays d’Afrique

L’Afrique subsaharienne traverse la plus grave crise alimentaire de ces dernières décennies. Les populations sont tributaires d’une aide humanitaire d’urgence. La CRS collabore étroitement avec ses Sociétés sœurs non seulement en Ethiopie, mais également au Soudan du Sud, au Soudan et au Malawi. Elle les aide à mettre en place des mesures adéquates:

  • achat de denrées alimentaires grâce aux versements en espèces

  • prévention et traitement de la malnutrition

  • promotion de l’hygiène

  • renforcement des capacités.

Aidez-nous à répondre à l’urgence

Par solidarité avec les victimes de catastrophes, en Suisse comme à l’étranger, soutenez les opérations d’aide d’urgence et de prévention de la Croix-Rouge suisse.

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