Au Kirghizistan, des bénévoles organisés transmettent leurs connaissances en matière de santé. Cette démarche novatrice, inaugurée en 2002 par la Croix-Rouge suisse (CRS), a été étendue l’an dernier à deux régions.
Organisés en comités de santé à l’initiative de la CRS, des bénévoles transmettent leurs connaissances aux habitants de leur région, et mobilisent d’autres bénévoles.
L’action de la CRS a débuté en 2002 dans un district isolé du sud-ouest du pays. Aujourd’hui, elle est relayée par 2698 bénévoles qui interviennent dans 213 villages situés dans les régions de Naryn et de Talas : il s’agit d’autochtones organisés en comités de santé. Formés par des employés du gouvernement, ils transmettent leurs connaissances et mobilisent à leur tour d’autres bénévoles. Depuis 2005, la CRS aide une organisation états-unienne à étendre à deux régions supplémentaires un modèle dont elle souhaite favoriser la diffusion dans les trois zones non encore desservies.
Potagers et lutte contre la carence en iode
Certains comités de santé initient par exemple les bénévoles à des techniques simples permettant de mesurer la teneur en iode du sel en vente dans le commerce. Ces contrôles s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la carence en iode, qui peut entraîner l’apparition d’un goitre et d’autres anomalies. Ainsi, à Naryn, la proportion de ménages approvisionnés en sel iodé est passée de 68% à 98% en l’espace de trois ans. Dans le but de prévenir la malnutrition et l’anémie, des bénévoles cultivent des potagers. Ils déploient aussi des campagnes contre l’alcoolisme et les parasitoses. Ces mesures absorbent seulement 1,6% du budget étatique de la santé.
Les bénévoles peuvent puiser dans un fonds et décider eux-mêmes de l’affectation des ressources mises à leur disposition. De plus, les comités de santé se sont, au niveau des districts, constitués en fédérations et, au niveau des régions, en associations faîtières dont les représentants se rencontrent régulièrement.
La CRS mène ce projet sur mandat de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et en collaboration avec les autorités kirghizes. Le Kirghizistan compte parmi les plus pauvres des ex-républiques soviétiques.
